
Aménagement & Matériaux
Certification BREEAM : le standard des investisseurs pour valoriser un actif tertiaire
Un immeuble de bureaux certifié BREEAM se loue 20% plus cher et se vend 15% au-dessus du marché. Ce n'est pas un label vert pour la vitrine RSE — c'est un levier financier. Avec 3 millions de projets certifiés dans 100 pays, BREEAM est devenu le standard que les investisseurs institutionnels et les grandes foncières exigent. Voici comment ça fonctionne, ce que ça coûte, et pourquoi l'aménagement de vos bureaux peut faire la différence entre un Good et un Excellent.
Si vous êtes propriétaire ou asset manager d'un immeuble de bureaux, vous avez forcément croisé BREEAM dans une conversation avec un investisseur, un locataire corporate, ou un broker. C'est devenu le mot de passe du marché tertiaire premium : sans certification environnementale, un actif de bureau perd en attractivité, en valeur locative, et en liquidité. Et BREEAM est le standard le plus reconnu à l'international.
Mais entre les niveaux de certification, les différentes versions (New Construction, In-Use, V7), les 10 thématiques d'évaluation et les coûts associés, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Ce guide fait le point — avec l'angle propriétaire, pas l'angle bureau d'études thermiques.
1. BREEAM : qu'est-ce que c'est et pourquoi ça compte
BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) est un référentiel d'évaluation environnementale des bâtiments créé en 1990 par le BRE, un organisme de recherche britannique. C'est le plus ancien et le plus utilisé au niveau international — devant LEED (américain) et HQE (français).
BREEAM ne certifie pas que le bâtiment est « vert ». Il évalue sa performance environnementale globale sur 10 thématiques : énergie, santé et bien-être, transport, eau, matériaux, déchets, gestion, pollution, écologie, et innovation. Le score obtenu détermine un niveau de certification, de Pass (le minimum) à Outstanding (l'excellence).
Pourquoi les investisseurs l'exigent
Trois raisons concrètes. Premièrement, la prime locative : selon Cushman & Wakefield, un immeuble certifié BREEAM génère une prime de location de 20% et une plus-value de revente de 15% par rapport aux bâtiments non certifiés. Deuxièmement, la conformité ESG : les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs, foncières cotées) intègrent des critères ESG dans leurs décisions d'investissement — BREEAM est le standard reconnu pour le pilier environnemental. Troisièmement, l'anticipation réglementaire : un bâtiment certifié BREEAM anticipe les obligations du décret tertiaire et de la taxonomie européenne.
💡 Le chiffre clé : BREEAM représente 60% des certifications environnementales délivrées dans les grandes métropoles européennes (source CBRE). En France, les immeubles premium du QCA et de La Défense sont de plus en plus souvent doublement certifiés HQE + BREEAM. La double certification est devenue un standard de marché dans un contexte ultra-concurrentiel.
2. Les 5 niveaux : de Pass à Outstanding
En France, la répartition est claire : les bureaux prime visent Excellent ou Outstanding (double certification HQE + BREEAM pour les actifs du QCA et de La Défense), les bureaux standard visent Very Good, et les actifs logistiques se positionnent généralement en Good ou Very Good. Le niveau minimum pour un impact locatif mesurable est Very Good.
L'exemple français emblématique
La Samaritaine à Paris, rénovée et certifiée BREEAM Excellent. La plateforme logistique Moissy 2DC1, certifiée Outstanding avec un score record mondial de 93,1%. Ces exemples montrent que l'excellence environnementale est accessible à toutes les typologies — et qu'elle constitue un facteur de valorisation puissant.
3. Les 10 thématiques d'évaluation
BREEAM évalue chaque bâtiment sur 10 catégories, chacune pondérée différemment dans le score global. Voici la pondération et ce que chaque catégorie couvre.
Le point important : Energy (19%) et Health & Wellbeing (15%) représentent à eux seuls plus d'un tiers du score total. Ce sont les deux catégories où l'aménagement intérieur a le plus d'impact — éclairage, confort thermique, acoustique, qualité de l'air. C'est là que Leafer intervient.
4. BREEAM In-Use : certifier un bâtiment existant
Si vous possédez un immeuble de bureaux déjà construit et en exploitation, c'est BREEAM In-Use qui vous concerne — pas BREEAM New Construction. La différence est fondamentale : In-Use évalue le bâtiment tel qu'il fonctionne au quotidien, sur la base de données réelles d'exploitation (consommations d'énergie, d'eau, gestion des déchets, confort des occupants).
Pourquoi BREEAM In-Use est stratégique pour les propriétaires
Parmi les bureaux certifiés en exploitation en France, BREEAM In-Use arrive en tête des certifications, devant HQE Exploitation. C'est le schéma que les foncières utilisent pour démontrer la performance de leurs actifs existants aux investisseurs et aux locataires. Il se renouvelle tous les 3 ans (plus fréquemment que le classement HQE), ce qui oblige à maintenir le niveau de performance dans la durée.
Le process In-Use est aussi plus rapide et moins coûteux que la certification d'un bâtiment neuf : pas besoin de phase conception, pas de suivi de chantier. C'est un audit de performance basé sur des données d'exploitation. Un bâtiment bien géré peut obtenir sa certification en 3-6 mois.
5. La nouvelle version V7 (2026)
BREEAM a lancé sa version V7 (New Construction) en 2025, avec obligation d'enregistrement à partir du 28 janvier 2026. Les versions précédentes ne sont plus acceptées pour les nouveaux projets. Ce qui change :
- Alignement sur la Taxonomie européenne : la V7 intègre les critères de la taxonomie verte de l'UE, ce qui facilite la classification des actifs comme « investissements durables » au sens de la réglementation européenne. Pour les foncières soumises à la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), c'est un argument majeur.
- Renforcement des critères carbone : analyse du cycle de vie obligatoire, objectifs de réduction carbone alignés sur les trajectoires Paris 2050, valorisation des matériaux biosourcés et réemploi.
- Résilience et adaptation : nouveaux critères sur l'adaptation au changement climatique (confort d'été, gestion des épisodes de chaleur, résilience aux inondations).
- Circularité : intégration des principes d'économie circulaire dans la conception et la construction (démontabilité, réversibilité, réemploi des matériaux).
💡 Ce que ça change pour vous : si vous avez un projet de rénovation ou de construction en 2026-2027, la V7 est le référentiel applicable. Les critères sont plus exigeants mais aussi mieux alignés avec les exigences ESG des investisseurs. Un bâtiment certifié BREEAM V7 sera plus facilement classifiable comme « investissement vert » au sens de la taxonomie — ce qui élargit le pool d'investisseurs potentiels.
6. Le process de certification : étapes et durée
Enregistrement et choix du niveau
L'exploitant ou le propriétaire enregistre le projet sur le site du BRE et mandate un BREEAM Assessor (évaluateur agréé). Ensemble, ils définissent le niveau visé (Very Good, Excellent, Outstanding) et réalisent un pré-assessment pour identifier les écarts. Durée : 2-4 semaines.
Phase conception (New Construction) ou collecte de données (In-Use)
Pour un bâtiment neuf ou en rénovation : intégration des exigences BREEAM dans la conception, choix des matériaux, dimensionnement des équipements. Pour un bâtiment existant (In-Use) : collecte des données d'exploitation (factures énergie, eau, déchets, plans, documentation technique). Durée : 2-6 mois selon la complexité.
Évaluation et audit
Le BREEAM Assessor vérifie la conformité à chaque crédit, compile les preuves, et constitue le dossier de certification. Pour les bâtiments 4-5 étoiles ou les niveaux Excellent/Outstanding, une visite terrain est systématique. Durée : 1-3 mois.
Certification officielle
Le BRE examine le dossier, vérifie les preuves, et délivre le certificat avec le score et le niveau atteint. Le certificat est valable 3 ans pour In-Use, indéfiniment pour New Construction (mais le renouvellement est recommandé). Durée de validation par le BRE : 4-8 semaines.
Durée totale typique : 3-6 mois pour un BREEAM In-Use, 12-18 mois pour un BREEAM New Construction (en parallèle du chantier).
7. Combien ça coûte (et combien ça rapporte)
Le retour sur investissement
Le calcul est simple et favorise largement la certification :
- Prime locative : +5 à 20% selon le niveau (source Cushman & Wakefield, CBRE). Sur un immeuble de 3 000 m² loué 500 €/m²/an, une prime de 10% = 150 000 €/an de revenus supplémentaires.
- Plus-value à la revente : +10 à 15%. Sur un actif valorisé 15 M€, c'est 1,5 à 2,25 M€ de plus-value.
- Réduction de la vacance : les actifs certifiés se commercialisent plus vite (les grands locataires intègrent la certification dans leurs critères de sélection).
- Économies d'exploitation : un bâtiment certifié BREEAM consomme 25-40% d'énergie en moins, soit 15 000-50 000 €/an d'économies sur un immeuble de bureaux moyen.
Le payback de la certification est typiquement de 12 à 24 mois via la prime locative seule — sans compter la plus-value patrimoniale et les économies d'exploitation.
8. L'aménagement comme levier de score BREEAM
C'est le point qui nous concerne directement chez Leafer. L'aménagement intérieur impacte directement 3 des 10 thématiques BREEAM — et ces 3 thématiques pèsent 46,5% du score total.
Health & Wellbeing (15%)
Confort visuel (éclairage naturel, contrôle de l'éblouissement), confort thermique (zoning, contrôle individuel de la température), confort acoustique (cabines acoustiques, cloisons à haute performance acoustique, traitement des plafonds), et qualité de l'air (ventilation, matériaux à faibles émissions de COV). Le space planning, le choix des cloisons et le type de mobilier influencent directement ces crédits.
Energy (19%)
Éclairage LED avec capteurs de présence et de lumière naturelle, zoning thermique (ne chauffer/climatiser que les zones occupées), équipements basse consommation, sous-comptage par zone. Un aménagement intelligent — qui densifie les espaces occupés et crée des zones thermiques indépendantes — réduit la consommation et améliore le score. Les normes d'aménagement de bureaux servent de cadre pour dimensionner ces espaces.
Materials (12,5%)
Choix de matériaux à faible impact environnemental (bois certifié, peintures sans COV, moquettes recyclées, mobilier éco-conçu), analyse du cycle de vie, approvisionnement responsable. Le choix du mobilier et des matériaux de finition par le contractant général a un impact direct sur ces crédits.
L'approche Leafer
Quand on travaille sur un projet dans un immeuble en cours de certification BREEAM (ou qui vise un renouvellement In-Use), on intègre les exigences du référentiel dès la conception. Le choix des cloisons (performance acoustique mesurée), des peintures (émissions COV < 1 g/L), du mobilier (certifié NF Environnement ou équivalent), de l'éclairage (luxmétrie par zone, capteurs), et du space planning (maximisation de l'apport de lumière naturelle) sont pensés pour contribuer au score. On ne fait pas « un aménagement + un dossier BREEAM » — on fait un aménagement qui EST un levier BREEAM.
9. BREEAM vs HQE vs LEED : le tableau comparatif
CritèreBREEAMHQELEEDOrigineRoyaume-Uni (1990)France (2004)États-Unis (1998)OrganismeBRECertivéaUS Green Building CouncilCouverture100+ pays, 3M+ projetsPrincipalement France, 59M m²Mondial, 51 700+ projetsNiveauxPass → Outstanding (5)Pass → Exceptionnel (5)Certified → Platinum (4)Thématiques10 catégories pondérées14 cibles + management6 thématiques par pointsForceStandard international, flexibilité, ESGManagement de projet, reconnaissance françaiseCommissioning, rigueur techniqueCoût moyen (10 000 m²)~8 000 € (certif seule)~20 000 €~6 000 €Usage en FranceN°1 en exploitation, QCA, internationalN°1 en construction neuveRare, clients américainsReconnaissance investisseursTrès forte (ESG, taxonomie)Forte en FranceForte aux US, moyenne en Europe
En résumé : HQE pour la construction neuve en France, BREEAM pour l'exploitation et les investisseurs internationaux, LEED si vous avez des locataires américains. Les actifs premium du QCA combinent HQE + BREEAM. La certification WELL (centrée sur le bien-être des occupants) vient souvent en complément de l'une des trois. Notre comparatif détaillé HQE vs BREEAM vs WELL vous aide à choisir la bonne stratégie de certification.
Questions fréquentes
C'est quoi la certification BREEAM ?
Le référentiel international le plus utilisé pour évaluer la performance environnementale des bâtiments. Créé en 1990 par le BRE britannique, présent dans 100+ pays avec 3 millions de projets. Il évalue 10 thématiques (énergie, santé, transport, eau, matériaux, etc.) et attribue un niveau de Pass à Outstanding.
Combien coûte une certification BREEAM ?
La certification elle-même : 15 000-40 000 € (assesseur + frais BRE). Le surcoût travaux : +1-3% pour Very Good, +3-5% pour Excellent, +5-10% pour Outstanding. Le payback est de 12-24 mois via la prime locative (+5-20%) — sans compter la plus-value patrimoniale (+10-15%).
BREEAM vs HQE : quelle différence ?
HQE est français (14 cibles, Certivéa), BREEAM est international (10 thématiques, BRE). HQE domine en construction neuve en France, BREEAM domine en exploitation et à l'international. Les actifs premium combinent les deux. Les investisseurs ESG privilégient BREEAM pour sa reconnaissance internationale.
BREEAM In-Use, c'est quoi ?
La certification pour les bâtiments existants en exploitation. Elle évalue la performance réelle (données d'exploitation) et se renouvelle tous les 3 ans. C'est le schéma le plus pertinent pour un propriétaire qui veut certifier un actif existant sans travaux lourds. Process : 3-6 mois.
Comment l'aménagement impacte le score BREEAM ?
L'aménagement intérieur impacte 3 thématiques = 46,5% du score : Health & Wellbeing (confort acoustique, visuel, thermique), Energy (éclairage LED, zoning thermique), Materials (matériaux bas carbone, mobilier éco-conçu). Un contractant général qui intègre les critères BREEAM dans sa conception fait la différence entre un Good et un Excellent.
Qu'est-ce qui change avec la V7 en 2026 ?
La V7 est obligatoire depuis le 28 janvier 2026 pour les nouveaux projets. Elle s'aligne sur la taxonomie européenne (classification des investissements durables), renforce les critères carbone (ACV obligatoire), et intègre la résilience climatique et l'économie circulaire.
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