Définition

L'open space est un espace de travail ouvert où plusieurs collaborateurs travaillent dans un même lieu sans cloisonnement fixe, favorisant la circulation de l'information et la collaboration spontanée.

Définition simple

Un open space, c'est un bureau sans murs entre les postes de travail. Les équipes partagent un même plateau paysager, organisé en îlots ou en rangées. Contrairement aux bureaux individuels cloisonnés, l'espace est visuellement ouvert : vous voyez vos collègues, vous les entendez, vous croisez leur regard. Ce type d'aménagement répond à un double objectif : faciliter les échanges informels et optimiser l'occupation de l'espace.

Les 3 idées à retenir sur l'open space

  • Type d'espace : Bureau ouvert / plateau paysager partagé par plusieurs collaborateurs, souvent organisé en îlots de travail avec des zones de circulation fluides
  • Finalité : Favoriser la collaboration, accélérer la circulation de l'information, permettre la flexibilité et optimiser les surfaces
  • Conditions de réussite : Traitement acoustique adapté, zoning intelligent (zones calmes / zones projet), espaces complémentaires (phone box, salles de réunion, bulles de confidentialité) et règles d'usage partagées

⚠️ Important : L'open space n'est pas synonyme de bruit permanent ni d'absence de règles. Un espace ouvert bien conçu intègre systématiquement des zones de concentration, un traitement acoustique performant et une culture d'usage claire. La limite principale ? Fatigue cognitive, difficulté de concentration et confidentialité réduite si mal pensé.

Les défis réels de l'open space
🔊

Bruit ambiant

Conversations, appels, notifications : le niveau sonore devient vite ingérable sans traitement adapté

🧠

Concentration difficile

Interruptions fréquentes, sollicitations visuelles : le deep work devient un défi quotidien

🔒

Confidentialité limitée

Échanges RH, appels clients, dossiers sensibles : difficile de préserver la discrétion

😓

Fatigue cognitive

Charge mentale accrue pour filtrer le bruit de fond et maintenir sa concentration toute la journée

Comment ça fonctionne

À quoi ressemble un open space aujourd'hui ?

Oubliez l'image du plateau uniforme avec des rangées de bureaux identiques. Un open space contemporain bien pensé ressemble davantage à un écosystème d'espaces différenciés. Vous y trouvez des îlots de travail collaboratif, des zones de concentration avec banquettes acoustiques, des phone box pour les appels confidentiels, des espaces informels (lounges, cafétéria) et des salles de réunion vitrées. Le tout orchestré selon une logique de space planning : zones de passage vs zones calmes, espaces projet vs espaces individuels.

Cette diversité répond aux principes de l'Activity Based Working : on ne travaille pas de la même manière tout au long de la journée. Selon qu'on est en réunion d'équipe, en rédaction d'un dossier complexe, en appel client ou en pause café, on utilise un espace différent. L'open space devient alors un plateau de ressources partagées, pas un simple alignement de postes.

Ce que l'open space change dans la manière de travailler

L'espace ouvert modifie profondément les interactions. La communication devient plus spontanée : on échange une information en tournant la tête, on partage un écran sans réserver de salle. Le management visuel gagne en efficacité : tableaux Kanban, stand-ups quotidiens, rituels agiles prennent tout leur sens dans un espace où l'équipe est visible.

Mais cette transparence a un prix. La concentration demande plus d'efforts : vous entendez les conversations voisines, vous êtes sollicité visuellement par les mouvements, vous ressentez une forme de "présence continue" qui peut générer stress et fatigue. La confidentialité devient un sujet : un appel RH, un échange avec un client mécontent, une négociation contractuelle ne peuvent pas se tenir au milieu du plateau. Résultat : si l'open space n'est pas équilibré par des espaces refuges, la charge mentale explose.

L'open space "bien conçu" vs "bruyant subi"

Il existe un monde entre un open space subi (pas de traitement acoustique, pas de zones calmes, pas de règles d'usage) et un open space scénarisé. La différence se joue sur plusieurs leviers :

  • Acoustique : Plafonds absorbants, cloisons textiles, tapis, panneaux muraux, matériaux qui "avalent" le son plutôt que le réfléchissent. Objectif : rester sous 50-55 dB en moyenne.
  • Zoning : Zones bruyantes (près de la cafét', des salles de réunion) vs zones calmes (fond de plateau, coins fenêtres). Circulation pensée pour éviter le passage permanent devant les postes de concentration.
  • Espaces complémentaires : Phone box pour les appels, bulles acoustiques pour les échanges sensibles, salles de réunion, espaces lounge pour les pauses.
  • Culture d'usage : Charte de bonnes pratiques (appels en phone box, signaux de disponibilité, respect des zones calmes), rituels d'équipe clairs, rôle actif du management.

Un open space de qualité, c'est celui où l'on peut choisir son mode de travail selon le moment de la journée, pas celui où l'on subit en permanence le bruit et les interruptions.

Exemples concrets

Exemple 1 : Open space dans une startup tech (150 personnes)

Configuration : Plateau de 800 m² organisé en trois zones. Zone collaborative au centre (îlots de 6-8 postes, tables hautes pour les stand-ups, écrans partagés), zone calme côté fenêtre (postes individuels avec panneaux acoustiques), zone "mouvement" près de l'entrée (cafétéria, lounges, 4 phone box, 3 salles de réunion vitrées).

Dispositifs techniques : Hot desking via application de réservation (taux d'occupation 70%), traitement acoustique renforcé (plafonds absorbants, tapis dans les zones calmes, panneaux suspendus). Charte d'usage affichée : appels en phone box, casques encouragés, réunions de plus de 3 personnes en salle fermée.

Résultat : L'espace soutient à la fois les sprints agiles (équipes projet visibles, tableaux Kanban muraux) et le travail de dev en concentration (zones calmes réservables, casques à réduction de bruit fournis).

Exemple 2 : Open space dans une équipe support client (30 personnes)

Configuration : Plateau de 300 m² avec postes attribués (pas de hot desking). Îlots de 4 postes maximum pour limiter le niveau sonore. 6 bulles acoustiques fermées pour les appels difficiles ou les échanges RH. Zone de pause déportée pour éviter le bruit de la cafétéria au milieu du plateau.

Dispositifs techniques : Traitement acoustique poussé (coefficient d'absorption > 0,8), signaux lumineux de disponibilité sur les postes (rouge = concentration, vert = dispo). Rotation hebdomadaire : une équipe en full remote, l'autre sur site, pour réduire la densité.

Résultat : L'espace protège la concentration nécessaire au traitement de dossiers complexes tout en permettant l'entraide entre collègues. Les bulles acoustiques jouent un rôle clé pour les appels sensibles.

Les erreurs à éviter absolument

1. Confondre "espace ouvert" et "absence de règles"

L'erreur la plus courante : installer un plateau sans définir de charte d'usage. Résultat : des appels clients au milieu du plateau, des réunions impromptues debout à 5 personnes, de la musique sans casque. Un open space sans règles claires devient vite un espace de chaos.

Solution : Co-construire une charte d'usage avec les équipes (appels en phone box, réunions de plus de 3 personnes en salle fermée, signaux de disponibilité, respect des zones calmes). Afficher cette charte, la rappeler régulièrement, et surtout la faire vivre par l'exemple du management.

2. Négliger l'acoustique et la confidentialité

Économiser sur le traitement acoustique, c'est condamner l'open space à devenir un espace bruyant et stressant. Oublier les phone box et les bulles de confidentialité, c'est priver les équipes de tout espace pour les échanges sensibles.

Solution : Investir dès le départ dans un traitement acoustique performant (plafonds, cloisons textiles, tapis, panneaux muraux). Prévoir au minimum 1 phone box pour 15-20 personnes et 1 bulle acoustique pour 30-40 personnes. Mesurer le niveau sonore après aménagement (objectif : 45-55 dB).

3. Oublier les besoins de concentration

Penser que "tout le monde collabore tout le temps", c'est nier la réalité du travail de deep work : rédaction, analyse, développement, design nécessitent concentration et calme. Sans zones silencieuses, vos équipes vont fuir l'open space pour travailler à domicile ou dans les cafés.

Solution : Créer des zones de concentration identifiées (fonds de plateau, coins fenêtres, alcôves avec banquettes acoustiques). Permettre la réservation de ces espaces. Encourager le télétravail pour les journées de deep work si les espaces calmes manquent.

4. Faire du mobilier une réponse magique

Acheter du mobilier design ne suffit pas à créer un bon open space. Un plateau peut avoir les plus beaux bureaux du monde et rester ingérable si le zoning est raté, si l'acoustique est absente, si la culture d'usage n'est pas posée.

Solution : Penser d'abord conception (usages, flux, zoning, ambiances) avant mobilier. Le mobilier vient matérialiser une vision de l'espace, pas la créer. Travailler avec un cabinet d'architecture intérieure qui pense d'abord les parcours, la lumière, les volumes, les atmosphères.

Checklist : 5 critères pour évaluer la qualité d'un open space

  • Acoustique : Traitement visible (plafonds absorbants, panneaux), niveau sonore < 55 dB, phone box accessibles
  • Zoning : Zones calmes identifiées, zones projet séparées, zones de passage éloignées des postes de concentration
  • Diversité des espaces : Postes individuels, îlots collaboratifs, espaces informels, salles fermées, bulles de confidentialité
  • Règles d'usage : Charte affichée et partagée, signaux de disponibilité, rituels d'équipe clairs
  • Cohérence culture / usage : L'espace reflète les modes de travail réels (hybride, full présentiel, agile, etc.)

Différences avec les concepts proches

Open space vs Flex office

Critère Open space Flex office
Nature Type d'espace (ouvert, sans cloisons) Mode d'attribution des postes (non fixes, hot desking)
Postes Peuvent être attribués ou non Toujours non attribués (réservation dynamique)
Combinaisons possibles Open space + postes fixes / Open space + flex office / Bureaux fermés + flex office

À retenir : On peut avoir un open space avec des postes attribués (chaque personne a "son" bureau) ou un flex office en bureaux fermés (pas de postes fixes, mais des bureaux individuels à réserver). Les deux concepts sont indépendants et souvent combinés.

Open space vs Coworking

Le coworking est un modèle économique et communautaire : plusieurs entreprises, indépendants ou équipes partagent un même lieu, souvent avec services mutualisés (accueil, cuisine, salles de réunion). L'open space, lui, désigne une typologie d'aménagement, généralement interne à une seule organisation.

Exemple : Un espace de coworking peut contenir à la fois des open spaces partagés entre membres et des bureaux fermés privatifs. L'open space est une forme d'espace, le coworking est un modèle d'usage et de facturation.

Open space vs Bureau paysager / Plateau paysager

Nuance historique et design : le bureau paysager (Bürolandschaft en allemand, années 1960) désigne une approche plus scénographiée de l'espace ouvert, avec variations de hauteurs, végétalisation, parcours sinueux, zones différenciées. L'open space moderne s'en inspire mais reste souvent plus rationnel.

Aujourd'hui, "plateau paysager" est souvent utilisé comme synonyme élégant d'open space, avec une connotation plus qualitative (on imagine un espace travaillé, verdoyant, agréable).

Open space vs Bureau partagé / Colocation de bureaux

La colocation de bureaux relève du contractuel : plusieurs entreprises louent ensemble un même local pour mutualiser les coûts. L'aménagement peut être en open space ou en bureaux cloisonnés. La différence avec le coworking ? Moins de services, souvent juste une mutualisation de bail.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un open space en entreprise et comment ça fonctionne ?

Un open space est un bureau ouvert où plusieurs collaborateurs travaillent dans un même lieu sans cloisons fixes. L'espace est organisé en îlots, avec des zones de circulation fluides. Le fonctionnement repose sur des règles d'usage partagées (charte de bruit, signaux de disponibilité) et des espaces complémentaires (phone box, salles de réunion, zones calmes) pour équilibrer collaboration et concentration.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l'open space pour les salariés ?

Avantages : Communication facilitée, entraide spontanée, sentiment d'appartenance renforcé, flexibilité d'organisation. Inconvénients : Bruit ambiant, interruptions fréquentes, difficulté de concentration, confidentialité réduite, fatigue cognitive accrue. La qualité de l'expérience dépend directement de la conception (acoustique, zoning, espaces de repli) et de la culture d'usage.

Comment réduire le bruit et améliorer la concentration en open space ?

Trois leviers essentiels : (1) Traitement acoustique – plafonds absorbants, panneaux muraux, tapis, cloisons textiles pour absorber le son. (2) Espaces dédiés – phone box pour les appels, zones calmes pour la concentration, bulles acoustiques pour les échanges sensibles. (3) Règles d'usage – charte claire (appels en phone box, réunions en salle fermée), signaux de disponibilité, casques encouragés.

Quelle est la différence entre open space, flex office et coworking ?

Open space = type d'espace (ouvert, sans cloisons). Flex office = mode d'attribution (postes non fixes, hot desking). Coworking = modèle économique (plusieurs entreprises partagent un lieu). On peut avoir un open space avec postes fixes, un flex office en bureaux fermés, ou un coworking qui propose à la fois open spaces et bureaux privatifs.

Comment bien concevoir un open space pour favoriser à la fois échanges et calme ?

Penser zoning : zones bruyantes (près cafét', salles de réunion) vs zones calmes (fond de plateau, coins fenêtres). Prévoir des espaces complémentaires : phone box, bulles acoustiques, salles fermées, espaces lounge. Investir dans l'acoustique (traitement absorbant, pas réfléchissant). Et surtout, co-construire une culture d'usage avec les équipes dès la conception.

Comment savoir si mon futur open space sera "vivable" pour les équipes ?

Posez-vous trois questions : (1) Y a-t-il un traitement acoustique réel (pas juste esthétique) ? (2) Existe-t-il des espaces de repli pour la concentration et la confidentialité (phone box, zones calmes, bulles) ? (3) Une charte d'usage a-t-elle été co-construite avec les futurs occupants ? Si la réponse est non à l'une de ces questions, le risque de rejet est élevé.

Quels indicateurs suivre pour évaluer la qualité d'un open space ?

Trois familles d'indicateurs : (1) Acoustique – mesure du niveau sonore (objectif 45-55 dB), taux d'utilisation des phone box. (2) Occupation – taux de remplissage, taux de réservation des zones calmes, flex desk. (3) Satisfaction – enquêtes régulières sur concentration, bruit, confidentialité, bien-être. Compléter par des observations terrain (nombre d'appels au milieu du plateau, usage des casques, fuites vers le télétravail).