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Pourquoi faire un open space ? 5 raisons (et 3 conditions pour réussir)
L'open space a mauvaise réputation. Bruit, manque d'intimité, fatigue cognitive : les études ne manquent pas pour le critiquer. Pourtant, 70% des entreprises françaises y ont recours. Pourquoi ? Parce qu'un open space bien conçu n'est pas un plateau nu avec des bureaux alignés. C'est un outil de collaboration, de transmission, de culture d'entreprise. À condition de respecter certaines règles.
Les 5 vraies raisons de faire un open space
1. Fluidifier la collaboration spontanée
Dans un open space, les échanges informels sont facilités. Une question posée à voix haute, un regard échangé sur un écran, un retour immédiat sur un livrable : la friction de la collaboration diminue.
Concrètement : Une équipe produit de 8 personnes travaillant sur un sprint de 2 semaines gagne en réactivité. Plutôt que 15 emails ou 3 réunions Zoom, les ajustements se font en temps réel. Les allers-retours sont plus courts, les décisions plus rapides.
Le piège à éviter : Confondre proximité physique et collaboration. Un open space bruyant où personne ne peut se concentrer ne crée pas de collaboration, il crée de la fragmentation cognitive.
2. Renforcer la culture d'entreprise et le sentiment d'appartenance
L'open space crée une scène commune. On voit qui travaille sur quoi, qui est présent, qui part tôt ou arrive tard. Cette transparence peut être un levier puissant de cohésion.
Exemple : Dans une agence créative de 40 personnes, l'open space devient le lieu où la culture se transmet. Les juniors observent les seniors, les rituels se créent (pause café 10h, débrief projet 17h), l'ambiance devient tangible.
Attention : Cette visibilité peut aussi devenir surveillance. Un open space mal géré peut basculer dans le contrôle permanent, l'impossibilité de "disparaître" pour se concentrer, la pression de toujours paraître occupé.
3. Optimiser l'espace et réduire les coûts immobiliers
Soyons francs : un open space coûte moins cher qu'un ensemble de bureaux fermés. Ratio surface/personne : 10-12 m²/poste en open space vs 15-20 m² en bureaux cloisonnés.
Calcul simple : 50 personnes × 10 m² = 500 m². En bureaux fermés : 50 × 15 m² = 750 m². Économie : 250 m², soit ~100 000 €/an de loyer à Paris (400 €/m²/an).
Mais : Cette optimisation ne doit pas devenir densification extrême. En dessous de 8 m²/poste, l'open space devient invivable. La productivité chute, les arrêts maladie augmentent, le turnover explose.
4. Favoriser l'agilité et les reconfigurations rapides
Un open space bien pensé est modulable. Pas de murs porteurs, pas de cloisons fixes : on peut faire évoluer l'organisation spatiale sans gros travaux.
Scénario type : Votre équipe tech passe de 12 à 20 personnes en 6 mois. En bureaux fermés : il faut casser des cloisons, refaire l'électricité, bloquer l'étage 2 semaines. En open space avec plancher technique : vous ajoutez 8 postes en 2 jours.
Condition : L'agilité ne fonctionne que si l'infrastructure suit. Plancher technique, câblage structuré, mobilier modulaire. Sinon, vous êtes coincés comme dans des bureaux fixes.
5. Créer des espaces de vie, pas seulement des postes de travail
Un open space réussi n'est jamais qu'un open space. C'est un écosystème d'espaces : postes ouverts + salles de réunion + phone boxes + quiet zones + espaces informels.
Vision : L'open space devient le socle, le lieu de présence et de disponibilité. Autour, gravitent des espaces dédiés : concentration profonde (quiet zone), confidentialité (phone box), collaboration intensive (salle projet).
Exemple : Plateau 600 m² avec 60% open space (zone collaboration), 20% salles fermées, 10% phone boxes, 10% cuisine/lounge. Chacun choisit son espace selon son activité du moment. C'est du flex office, mais pensé.
Les 3 conditions non négociables pour réussir un open space
Condition 1 : Traiter l'acoustique comme une priorité absolue
Le problème n°1 de tout open space : le bruit. Pas le bruit fort (téléphone, réunion impromptue), mais le bruit de fond constant : conversations lointaines, clavier, imprimante, ventilation.
Solutions techniques :
- Plafond absorbant (αw > 0,85) : panneaux suspendus ou faux plafond intégral
- Cloisons acoustiques vitrées pour bureaux fermés adjacents (42-48 dB)
- Panneaux verticaux entre postes ou en séparation d'îlots
- Phoneboxes pour isoler les appels/visios
- Matériaux absorbants : moquette, textiles muraux, mobilier rembourré
Budget réaliste : 8-12% du budget total d'aménagement. Invisible, mais c'est ce qui fait qu'on reste ou qu'on part.
Condition 2 : Créer des zones de respiration et d'intimité
Un open space pur (100% ouvert) est une erreur. Il faut des respirations spatiales :
- Quiet zones : espaces calmes, règle du silence, concentration profonde
- Phone boxes : cabines acoustiques 1 personne pour appels/visios
- Salles de réunion vitrées : discussions d'équipe sans déranger
- Espaces informels : cuisine XL, lounge, terrasse
Ratio indicatif : Pour 100 postes open space, prévoir 10-15 phone boxes + 5-8 salles réunion + 2 quiet zones de 4-6 postes.
Condition 3 : Impliquer les équipes dès la conception
Un open space imposé échoue. Un open space co-construit réussit.
Méthodologie :
- Observation des usages actuels : qui travaille avec qui, où se font les échanges informels, quelles sont les zones mortes
- Entretiens qualitatifs : besoins de concentration, de collaboration, d'intimité
- Ateliers de co-conception : Design Thinking, maquettes spatiales, vote sur scénarios
- Période d'ajustement : 3 mois post-emménagement avec collecte feedback et micro-ajustements
Erreur classique : Consulter les équipes après avoir signé le plan. Trop tard. La consultation doit être en amont, quand tout est encore possible.
Conclusion : L'open space n'est pas le problème, le dogme l'est
L'open space n'est ni une solution miracle ni un enfer. C'est un choix de conception qui doit être :
- Justifié par les usages réels (collaboration intense, culture transparente, agilité organisationnelle)
- Compensé par des espaces complémentaires (phone boxes, quiet zones, salles fermées)
- Traité techniquement (acoustique sérieuse, lumière naturelle, ventilation)
- Co-construit avec les équipes (pas imposé top-down)
Les entreprises qui réussissent leur open space sont celles qui acceptent qu'il ne soit pas 100% ouvert. Elles créent une grammaire spatiale diversifiée où l'open space est un espace parmi d'autres, pas le seul.
Parce qu'au fond, le vrai sujet n'est pas "open space ou bureaux fermés". C'est : comment donner à chacun les conditions spatiales pour faire son meilleur travail ?
🔗 Pour aller plus loin
- Open space (définition complète)
- Acoustique de bureau (traitement technique)
- Flex office (organisation sans postes attitrés)
- Phonebox (cabines acoustiques)
- Travail hybride (impact sur les espaces)
Vous repensez vos espaces de travail ?
Discutons de la manière dont l'open space pourrait (ou non) s'inscrire dans votre projet.
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